Kepler 186f : Une exoplanète de taille terrestre dans la zone habitable de son étoile !

Jeudi 17 avril 2014 restera sans doute dans les annales de l’Astronomie. En effet, c’est en cette date qu’a été annoncée la découverte de Kepler 186f, la première Exoplanète de taille similaire à la terre (1,1 masse terrestre) gravitant dans la zone habitable de Kepler 186, son étoile mère, une naine rouge située dans la constellation du Cygne.

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Localisation de l’étoile Kepler 186 (vu vers 23h depuis la Petite Camargue Alsacienne).

La zone habitable ? C’est une ceinture étroite présente dans tout système solaire, où il ne fait ni trop chaud ni trop froid, et où l’eau (H2O), molécule indispensable à la vie, peut exister sous ses trois formes que sont la glace, l’eau liquide et la vapeur d’eau, une condition à priori indispensable à l’existence de vie sur un astre donné. Rappelons enfin qu’une Exoplanète est une planète gravitant autour d’une autre étoile.

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Représentation du système de Kepler 186 tel que nous le connaissons à l’heure actuelle, avec la zone habitable notée en vert. On remarquera que la planète Kepler 186f est sur les limites extérieures de la zone habitable de son étoile (Source : NASA).

Sa masse comparable à celle de la terre et sa présence dans la zone habitable en font, à ce jour, la meilleur candidate au grand concours des plans B au cas – hautement probable hélas – où la connerie humaine prendrait le pas sur notre intelligence et où nous saccagerions notre bonne vieille terre au point de devoir aller voir ailleurs pour survivre. Par contre, du fait qu’elle se trouve proche des limites extérieures de sa zone d’habitabilité, ne vous attendez pas à y trouver des plages à cocotiers : si à son équateur y régnait un climat similaire à la Scandinavie, ce serait déjà une très bonne nouvelle !

Mais attention, si cette planète est effectivement à l’heure actuelle la planète la plus similaire à la terre que nous connaissons, et si elle se trouve bien dans la zone d’habitabilité de son étoile, rien ne garantit pour autant que la vie, que ce soit la notre ou celle d’un éventuel « régional de l’étape » ne soit possible à sa surface. Kepler 186f à t’elle une atmosphère ? De quoi est-elle composée le cas échéant ? Toutes ces questions sont encore sans réponses et selon les cas de figure, la probabilité qu’il y ait une vie, même microbienne, sur Kepler 186f pourrait être anéantie.

A noter que des projets de télescopes spatiaux plus puissants à venir sont dans les tuyaux et devraient nous permettre de répondre à ces questions.

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Vue d’artiste (fort optimiste) de Kepler 186f (Source : NASA)

Enfin à ceux qui se diraient que Kepler 186f est un plan B viable qui nous exonère de toute considération écologique au niveau de notre bonne vieille Terre se détrompent : nous sommes, loin, très loin, très très loin de pouvoir nous payer le voyage vers Kepler 186f : Cette planète est située à 493 années lumière de chez nous.

En clair, la lumière captée par les scientifiques ayant réalisé cette découverte a été envoyée grosso modo à l’époque ou le conquistador Cortés avait décidé de régler son compte au peuple Aztèque, et où en Europe émettre l’hypothèse de l’existence de planètes ailleurs dans l’univers pouvait vous conduire au bûcher

Sachant que la lumière voyage à 300.000 km / secondes (soit environ la distance Terre / Lune), cela nous donne la distance Terre – Kepler 186f à 4.390.000.000.000.000 km (un chiffre… astronomique !). Enfin sachez que si vous décidiez de faire le voyage en avion de ligne de type Airbus ou Boeing (si tant est que cela soit possible, ce qui n’est évidemment pas le cas), le voyage durerait la bagatelle de 500 millions d’années, soit le temps qui nous sépare de la naissance des premiers êtres multicellulaires sur terre…

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On vous l’a déjà dit : l’univers, c’est GRAND !

Pourquoi alors chercher de telles planètes sur lesquelles nous ne poseront jamais le pied ? D’abord parce qu’il ne faut jamais dire jamais, nul ne sachant quelles découvertes l’humanité fera encore dans les années et siècles avenir, et même si nous nous y rendions jamais, cela fait avancer la connaissance et permettra peut-être un jour prochain (peut-être plus proche de nous que nous le pensons) de répondre à LA question de savoir si la Terre est la seule planète habitée dans l’univers.

Pour info, du fait de la masse de Kepler 186f, nous pèserions un peu plus sur ce corps céleste, environ 10% de plus. Ce qui fait qu’une personne pesant 70 kilos sur terre en pèserait 77 sur Kepler 186f. Par contre bonne nouvelle pour ceux qui attendent leur retraite : une année sur Kepler 186f dure environ 130 jours. De quoi amasser des trimestres en un temps record !

Pour info également, la découverte a été réalisée en exploitant les données du télescope spatial Kepler (nommé ainsi en l’honneur du célèbre astronome allemand Johannes Kepler qui vécut au XVIIeme siècle). La découverte a été réalisée par les équipes d’Elisa V. Quintana de l’institut SETI (preuve supplémentaire que non, l’astronomie n’est pas un domaine exclusivement masculin… et tant mieux !)

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Le télescope Kepler (NASA)

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